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Les délice du fouet

    

 

"Fouet" en français, "Whip" en anglais, "Peitsche" en allemand, autant de sonorités pour dire sa musique.
"Instrument formé d'une corde ou d'une lanière de cuir liée à un manche, dont on se sert pour conduire ou exciter certains animaux".(Larousse). Dérivé en 1200 de "Fou" (Un des noms du hêtre).
 

Je voudrais te fouetter !", "Tu mériterais le fouet.
Quelle plus frissonnante promesse peut on faire à quelqu'un ?
Rien de comparable à la menace d'une fessée plus libertine, plus ambiguë d'humiliations et de souvenirs anciens mêlés.
Ici d'une distance toute militaire, tout peut devenir animal très vite, une fois celui ci "excité", les narines s'en émeuvent déjà ,tellement fouet et odeur sont liés par le langage populaire.
On sait déjà toute proche l'étreinte sexuelle forte, dure, passionnée (un des sens de "fou").
Ce n'est pas pour rien que le XVI eme siècle en a fait un synonyme de sexe :
"En voyant ce fouet qui entrait ainsi " B. De Verville ;
ou qu'on dérivera en 1680 " fouailler " , utilisé au XIXe au sens "coïter avec énergie".
"Une fille de taverne...
N'a d'amour chaud et libertin
Que pour l'homme hardi qui la bat et qui la fouaille
Depuis le soir jusqu'au matin" A. Barbier
(Cités par Pierre Guiraud dans son excellent "Dictionnaire érotique". Payot)
 

Mon instrument de musique préféré avec la cane. Le plus "cérébral" à mon sens.

Je parle bien ici du fouet, constitué d'un manche, d'une lanière de cuir assez longue et d'une mèche et non pas des martinets plus ou moins évolués qui travaillent dans un autre registre. A l'opposé de la cane, il met par définition une distance physique entre le Dominateur et sa soumise. Dans cette "mise à distance", deux attitudes peuvent se développer, la première et c'est celle qui est, à juste titre, souvent critiquée , est une attitude que l'on peut qualifier de "cow-boy", solitaire dans la" toute puissance" de son "arme", la seconde à l'inverse fera de l'âme de ce fouet, un fil ténu et sensible qui relie un Maître et sa soumise. Profiter de cet écart pour entrer en contact quasi "télépathique". Je sais réellement que dans le décalage qui se crée entre le moment où l'on arme son bras, le claquement sec de la mèche qui va allumer bientôt le plus beau des feux et le moment où ma soumise se cabre , se tord et gémit après avoir anticipé et redouté la morsure, puis dans l'instant où l'on ramène vers soi la flèche d'un cupidon qui serait allé rejoindre l'armée des anges déchus, il peut se passer quelque chose de "magique" perceptible parfois par quelques témoins privilégiés si toutes les "portes" leur ont été ouvertes avant. Dans son récit Fany fait allusion à un tel moment, d'une communion parfaite rythmée par le fouet entre no et moi . Rarement l'intensité et la perceptibilité de ce qui survenait là n'avait été aussi sensible à d'autres. S'il doit y avoir des ondes, des champs électriques ou magnétiques, ou de phérormones ...ou tout autre explication que l'on voudra pour définir la nature de cet espace "construit" et invisible entre deux personnes, le fouet en dessine parfois le contour, en sculpte le volume et en définit les frontières.
Il cherche son chemin, trace une route, découpe un air soudain précipité , Il siffle, Il claque, Il enlace, Il mord, Il cingle et se retire, revient au sol, serpent dressé en lents méandres, se lover autour de la main....ramenant avec lui, prédateur maintenant grossi et plus lourd, la plainte ou le sanglot . Air, terre, feu et eau....

Là bas, dans cette distance indéfinissable, à deux mètres ou à deux millimètres, son corps s'est successivement raidi dans l'attente et détendu presque déçu, puis cambré à nouveau au claquement , puis affaissé au rendez vous certain, puis lentement, très lentement redressé, comme s'il s'était lui aussi enroulé et qu'il se déroulait à nouveau...ballet inverse, un temps en retard, du fouet .

Les marques sont nettes, propres, le dessin franc... une carte tatouée sur un dos. Tout à l'heure, d'un doigt tendre oucruel, nous en suivrons les méandres, les avenues, les sentiers, les détours. Toute l'antique marine et ses matelots révoltés, toute la piraterie et ses belles captives, toutes les caravanes d'esclaves dans le désert se redisent ici. A quel trésor barbare, à quel harem oublié conduisent ces chemins ? Notre reptilien cerveau nous a t'il guidé d' une écriture automatique pour tracer sur une peau palimpseste du dos une sulfureuse carte du Tendre. Plus bas que le dos, passé les dernières dunes , nous saurons alors si une grotte humide et chaude, un harem aux effluves somptueuses nous attend...
Alors, avant d'y disparaître, corps et âme, nous nous bercerons une dernière fois des rumeurs de l'océan, là bas à l'exact opposé, derniers sanglots qui viennent s'échouer en traînées de maquillage sur des plages satins, dernières houles qui agitent les côtes, nuées incertaines d'un souffle qui se recherche. Qu'importe, nous avons déjà entre les doigts le plus mystérieux des coquillages , et tout à l'heure, la tête piégée entre deux cuisses resserrées nous aurons à notre tour sacrifié aux belles sirènes.

Aspect plus techniques

Snake whip, Bullwhip, Redhide Whip, Stockwhip, Signal Whip, la culture américaine ou australienne est plus riche que la notre pour décrire toute les formes que peut prendre le fouet. Tous les cuirs dont il peut être fait. Tous les tressages dont il est ouvragé, toutes les variétés de mèche (cracker, popper), toutes les façons dont il va s'attacher sur le manche. C'est à coup de fouet qu'il faudrait discipliner notre vocabulaire qui a laissé se mélanger dans une ignorante confusion fouets et martinets.
 

Le fouet présente deux inconvénients majeurs :
- il est extrêmement dangereux et peut transformer une scène BDSM en carnage pour celui ou celle qui est fouetté ou pour les personnes autour . (La mèche peut atteindre à pleine force et vitesse lors du point d'impact plus de 1000 km/h
- il nécessite un espace important : devant, derrière, sur les côtés et en hauteur : longueur du bras + celle du fouet (sinon adieu vase Ming, beau lustre familial...).

Avertissement

Le fouet est une quasi arme (on faisait mourir sous le fouet, c'est dire le danger qu'il représente.) et à mon sens il ne devrait jamais s'utiliser comme instrument de punition. Et si l'on se sent un tant soi peu cow-boy, pas en pleine possession de ses moyens (alcools, autres...), ou peu précis avec un fouet que l'on ne connaît pas, on s'interdira totalement l'usage de celui ci. Pensez aux ravages qu'une mèche qui arrive à très très grande vitesse peut faire sur un visage si la lanière se retourne autour du visage et atteint un œil ou la balafre qu'elle est susceptible de laisser. Pensez aux reins très vulnérables et à éviter absolument au fouet comme avec tout instrument parce que non protégés. Avec le fouet, le danger est encore plus grand si l'on ne maîtrise pas parfaitement le point d'impact. De la même manière, on évitera comme avec toute autre lanière (ceinture, martinet) les phénomènes d'enroulement lors d'un vrai coup. En effet, la partie qui va s'enrouler autour du corps, passer sur les seins par exemple, après que le coup soit tombé sur l'épaule, ira très nettement plus vite que le reste de la lanière et les dégâts sont assurés. De la même façon, en se retirant après avoir frappé le fouet peut couper sérieusement. Très souvent , les fouets des boutiques SM sont redoutables de par la façon dont la lanière se termine. Par toutes les micros coupures qu'il génère, visibles ou invisibles, pas mal de MST peuvent transiter (dont le SIDA). Donc ici comme ailleurs, on utilise en club que ses propres instruments.

L'arme que l'on a dans les mains aura tendance à acquérir une vie autonome, véritable serpent de cuir qui aura tôt fait de vous hypnotiser par la puissance fabuleuse qu'il vous offre soudain, par la fascination que l'on éprouve devant son retour souple, docile et vivant entre vos mains.
Votre soumise est TOUT à ce moment là et rien, rien, ne doit pouvoir interférer entre vous et elle. Il est le messager de vos pensées et de votre "amour" pour elle. Si, soudain, vous vous sentez pris de colère ou d'une envie de démonstration de votre savoir-faire, arrêtez tout immédiatement changez d'instrument ! Après il sera trop tard! Ici, plus qu'ailleurs, l'humilité et la prudence sont les mots clés.

On trouvera des fouets dans tous les sites de vente en ligne référencés sur Roissysm.
Pour les passionnés l'idéal reste de se les fabriquer soi même, art que je ne désespère pas d'apprendre.

A mon sens, même pour des coups très modérés on protègera, sans rien gâcher à l'esthétique de la scène, les yeux par un bandeau, la base de la nuque par un collier de cuir, et les reins par un étroit corset. Jamais, on ne fera claquer le fouet à proximité de la victime ! c'est une vitesse dépassant le mur du son qui fait "claquer" la mèche !
On ne permettra l'enroulement du fouet autour du corps de sa partenaire qu'à très très faibles vitesse et énergie. Au fur et à mesure de l'enroulement , la lanière gagne de la vitesse et de la force. Sentir un fouet s'enrouler autour de son ventre, de son bras ou de ses jambes peut être un supplice délicieux ou un massacre ...
On évitera les impacts ponctuels (on est pas au cirque !) et on leur préférera une lanière tombant sur une longueur la plus grande possible en faisant courir le fouet sur le dos ou les fesses. On évitera également les coups arrivant directement et perpendiculairement avec un retrait immédiat de la lanière qui occasionne alors les coupures.

Il me semble que l'effroi créé par le fouet, l'attente d'un coup que l'on sait imminent et venu d'"ailleurs", l'emporte très largement sur la douleur physique et rend inutile trop de force ou d'amplitude à l'origine du coup. La distance aidant, la vitesse acquise à l'arrivée par le fouet et la morsure de celui ci courant sur le dos sera toujours très largement jouissive.

Le fouet n'est pas votre arme de guerre, c'est un pont de corde tendu au dessus du vide que votre esprit va emprunter avec celui de votre partenaire pour vous retrouver à mi chemin. Avancez prudemment, un pas après l'autre, les points d'appui sont si fragiles....